Contexte

Unique et emblématique du 14ème arrondissement, le site de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul bénéficie de forts atouts pour être transformé en un quartier à la pointe des enjeux environnementaux et sociétaux, tout en conservant sa dimension patrimoniale. Avec la vocation de devenir un « jardin habité », ce site ouvert profitera à tous les riverains et aux Parisiens dans leur ensemble.

Le site

Au nord du 14ème arrondissement, le site se situe à l'interface des grandes emprises hospitalières de Port-Royal et Cochin et des quartiers « Campagne Première » et Montparnasse, aux constructions pittoresques et aux nombreux ateliers d’artistes.

Cet ancien site hospitalier de 3,4 hectares est entouré par des institutions à vocation religieuse, caritative ou culturelle : le couvent de la Visitation, l’Œuvre des Jeunes Filles Aveugles, l’Hospice Marie-Thérèse et la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Ces emprises sont agrémentées de vastes espaces verts privés protégés en cœur d’îlot et visibles en partie depuis le boulevard Raspail et la rue Boissonade.

 Localisation du site Saint-Vincent de Paul, 14e arrondissement de Paris

 

Etat des lieux du site en 2014 

Quinze bâtiments occupent aujourd’hui le site. L’hétérogénéité des constructions témoigne des étapes de son développement, depuis le 17ème siècle avec les bâtiments de la Congrégation de l’Oratoire situés avenue Denfert Rochereau jusqu’aux lourdes transformations du 20ème siècle sur la moitié ouest du site : maternité « Adolphe Pinard » (1934), cliniques médicales infantiles « Marcel Lelong » (1955-1959), « François Lepage » (1965-1977) et bâtiment de chirurgie « Pierre Petit » (1970). Depuis 2010, les bâtiments ont été libérés et les activités hospitalières ont été redéployées sur les sites Cochin et Necker.

Anciennement propriété de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), le site de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul a fait l’objet d’une acquisition en deux temps par l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France (EPFIF) au 4ème trimestre 2015 et au 1er trimestre 2016.

En attendant sa transformation, le site fait l’objet d’une période d’occupation intercalaire, souhaitée par la Ville de Paris. Celle-ci  permet de faire vivre l’ancien hôpital avant les travaux, de le faire découvrir aux Parisiens et de tester des activités et usages pour le futur projet. Intitulé « Les Grands Voisins », ce projet d’occupation temporaire est animé par les associations Plateau Urbain et Yes We Camp qui collaborent avec l’association Aurore, gestionnaire du site. Près de 130 associations, artistes, artisans et sociétés commerciales sont actuellement accueillis, après une sélection organisée par l’association Plateau Urbain. Ces associations, artistes et entrepreneurs peuvent ainsi occuper un local dans un des bâtiments et y développer des activités. Cette occupation intercalaire prendra fin avant le début des travaux du site, à la fin de l’année 2017.

La richesse patrimoniale

De premières études ont permis de cerner les grands objectifs de réaménagement et les capacités d'évolution du site, au regard de sa richesse patrimoniale notamment.

L'étude confiée au Groupe de Recherche Art Histoire Architecture et Littérature (GRAHAL) a permis d’identifier et de dater les grandes campagnes de construction et d’aménagement depuis sa constitution au milieu du XVIIème siècle jusqu’à nos jours.

On peut ainsi distinguer :

  • le front bâti historique sur l’avenue Denfert Rochereau. Cette séquence, constituée des bâtiments de l’ancien noviciat de l’Oratoire (1650) et des bâtiments dits des services généraux de Pierre Robin (1880-1883), présente une grande cohérence historique. Les bâtiments Pierre Robin et de l’Oratoire, qui ont une importance significative pour l’histoire du site méritent une attention particulière de restauration et de mise en valeur.
  • plusieurs bâtiments témoins des grandes évolutions du site et de la fonction hospitalière, à savoir la maison des Médecins (1886) dernier témoin de l’architecture pavillonnaire sur le site, et dont la petite échelle fait écho aux bâtiments de la rue Boissonade implantés en limite séparative, 
  • l’ancienne maternité Adolphe Pinard (1934 et 1974) bien qu’altérée par la construction d’un parking, conserve son implantation en U et son architecture de brique et de béton. Elle est symbolique de l’entrée de l’hôpital dans la modernité de la médecine spécialisée nécessitant des bâtiments imposants pour accueillir des équipements médicaux sophistiqués, 
  • La chaufferie (annexe technique de la maternité Pinard) et sa cheminée qui datent de la même époque (1934) situées dans l’axe de l’entrée sur l’avenue Denfert Rochereau,

D’autres bâtiments, ont été altérés au cours de l’évolution du site et leur degré d’intégrité et d’authenticité est plus faible. Leur conservation , semble moins opportune : 

  • la Lingerie (1838) qui a subi d’importantes modifications à la fin du 19ème  siècle ;
  • le bâtiment Pierre Petit dont la construction en 1970 a entrainé la démolition quasi-totale des « Divisions » (1836-1838),;
  • le pavillon Jalaguier (1893-1897) profondément remanié à travers le temps ;
  • les bâtiments Colombani (1983-1987), Lepage (1977) et Rapine (1983-1987) qui bien que dans leur état d’origine ne présentent pas d’intérêt particulier au regard de l’évolution historique du site.

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